Bell_telephone
Téléphone inventé par Alexander Graham Bell en 1875

Les précurseursL’homme, en tant qu’être social, s’est servi de tout temps d’outils pour communiquer à distance plus rapidement.

On peut penser à l’emploi du son ou de signaux lumineux, comme des flambeaux, ou de la fumée et du feu. Le message est codé, condition pour assurer un certain secret car on peut le voir ou écouter. Mais le codage a une fonction supplémentaire : réduire le temps de transmission, en diminuant le nombre de signes à transmettre tout en gardant l’essentiel du message. Cela est capital si l’on veut réduire aussi le nombre d’erreurs. D’autant plus que, en transmettant les signaux à distance, on a besoin de répétiteurs chargé de reproduire à l’identique le code. La transmission peut emprunter les chemins possibles, la contrainte étant que le signal devait être visible ou audible. Pas de transmission la nuit, ni par temps de brouillard, ni de pluie. La communication dépend des conditions météorologiques.

 

Un autre moyen de communiquer était d’envoyer un message écrit, le message pouvant être en clair ou chiffré. On pouvait le confier à des hommes qui se relayaient sur le trajet. Des services organisés existaient depuis la haute antiquité. Les lieux de changement de la bête de transport ou de repos pour l’homme ont donné le nom à l’un des services encore en fonction : la poste. Une variante de ce système a été de confier le message à des animaux. Le pigeon voyageur en est le symbole. On utilise la capacité de certains animaux de retrouver, même à de très grandes distances, leurs lieux de vie.

Un caractère est commun à tous ces systèmes : la fragilité qui faisait peser une incertitude élevée sur l’arrivée du message à destination. Qu’il s’agisse des hommes ou des animaux, des signaux visuels ou acoustiques, tous ces systèmes étaient soumis aux aléas les plus divers.

Le télégraphe
Un changement important intervient avec la naissance du télégraphe. Dès la découverte de la pile de Volta (1799), savants et inventeurs ont essayé de transmettre à distance l’information, de communiquer très rapidement. Ampère, Soemmering, Wheatstone, Gauss, Weber et naturellement Morse ont tous travaillé à réaliser ce moyen de communication. Pour la première fois on communiquait à la vitesse de la lumière et les nouvelles parvenaient à une vitesse presque instantanée. Le télégraphe a favorisé le développement de la presse, car les nouvelles voyagent vite, en temps réel pourrait-on dire, et on a pu transmettre aussi des images et des photos. Une fois la Grande-Bretagne reliée au Continent, on a pu spéculer à la bourse de Londres sans se déplacer. Ce sera de même avec New York à partir de 1865 quand un premier câble relie l’Angleterre aux Etats-Unis. Les téléscripteurs ont permis de relier le monde entier dans un vaste réseau où chaque point du globe est connecté à l’ensemble du globe. 

La guerre a transformé le télégraphe. Les ordres, comme les résultats des batailles, les commandes de déplacement des troupes au front ou de l’arrière, sont envoyés désormais d’un poste de commandement centralisé. Le télégraphe assure en outre aux nouveaux moyens de transport la sécurité. Un exemple typique est celui du chemin de fer : on peut communiquer d’une gare à une autre et annoncer le départ d’un train qui va occuper une ligne évitant ainsi des collisions. Seul écueil : il faut transmettre en code pour profiter pleinement des avantages offerts, il faut par conséquent passer par des opérateurs experts à traduire les messages. Il y a donc un intermédiaire qui fait écran entre le système de communication et l’utilisateur. On perd la vitesse gagnée avec l’emploi de l’électricité.

L’utilisation du téléphone
Le télégraphe avait déjà entouré la Terre d’un réseau de câbles. Le 10 mars 1876 Graham Bell dépose un brevet aux Etats-Unis : il a trouvé un moyen astucieux de transformer le son de la voix en courant électrique et vice-versa, le microphone. L’idée qui le guide est la suivante : à la place de l’opérateur qui traduit le message en code, l’utilisateur peut communiquer en parlant le message. Il suffit que les deux interlocuteurs soient reliés par un fil transmettant le courant électrique créé en parlant.

 

Il va de soi qu’il était impossible d’avoir pour chaque utilisateur autant de lignes que d’interlocuteurs. La solution a été la suivante : à chaque nœud du réseau une personne est chargée de relier, selon la demande de l’utilisateur, deux éléments du réseau. Les demoiselles du téléphone établissaient ces liaisons éphémères. Ce qu’on avait gagné en éliminant l’opérateur du télégraphe, on le perdait en confiant la liaison à un opérateur qui le faisait manuellement. La solution a été l’automatisation de cette opération. On éliminait d’emblée l’un des obstacles permettant d’utiliser au maximum la vitesse de propagation du signal et introduisant des sources d’erreurs répétées.

L’essor de la téléphonie
Avec l’introduction des premiers centraux automatiques le téléphone devenait un réel objet de consommation de masse. D’autres obstacles ont dû être surmontés. Les centraux mécaniques ralentissaient la mise en communication ; l’électronique a permis d’abolir cette difficulté en agissant à la même vitesse de propagation de l’information. 

Ensuite c’est la capacité des lignes téléphonique qu’il a fallu augmenter pour permettre à plus de personnes d’emprunter la même ligne, au moins partiellement. L’objectif est qu’il faut éliminer tous les obstacles qui ralentissent le composant le plus rapide d’un système technique.

Le boom du téléphone portable
Une contrainte empêchait encore à tout utilisateur de se servir du téléphone dans n’importe quel lieu, car pour communiquer il faut disposer d’un poste relié au réseau. Pour se débarrasser de cette contrainte, il fallait pouvoir ne plus avoir besoin du réseau. La solution existait depuis longtemps : la radio. Coupler la souplesse d’utilisation du téléphone avec la possibilité de transmettre en toute sécurité par ondes hertziennes : telle a été la solution adoptée.

Pendant la Seconde guerre mondiale, on avait expérimenté amplement ce système, là où il était impossible ou trop cher de construire des réseaux. La transmission radio avait permis, par exemple, de relier les bateaux entre eux et à la terre, les trains aux gares et les avions aux centres de suivi du vol. Il fallait pouvoir contrôler la fréquence de telle sorte à pouvoir ouvrir au plus grand nombre l’emploi des ondes électromagnétique.

Le développement formidable du téléphone portable prouve que les ingénieurs ont réussi à gagner ce défi. Ainsi on a éliminé tout intermédiaire.